It’s 1996 all over again… USRobotics PalmPilot Personal review

3 avr

“It’s 1996″ all over again and I remember my palmpilot!

viaUSRobotics PalmPilot Personal review — Engadget.

Crise de la distribution dans l’entertainment : les 333 magasins de jeu vidéos GAME revendus à des investisseurs en Grande Bretagne

2 avr

La musique et le cinéma ne sont pas les seules industries créatives dont le modèle de distribution est touché par la vague numérique. Le jeu vidéo devient lui aussi de plus en plus dématérialisé. Les gens achètent désormais de plus en plus leur jeu sur des magasins en ligne, voire même dans des appstores comme iTunes, mais aussi Xbox Live pour la Xbox ou Steam pour le PC.

Résultat, la distribution physique perd tout intérêt, et faute de se réinventer les magasins ferment ou sont en difficulté financière. Après la faillite de Borders, la FNAC qui commence à vendre du brun, c’est GAME qui n’a plus d’argent et qui se retrouve vendu à des investisseurs qu’on peut soupçonner d’être plus intéressés par le real estate des 333 boutiques en Grande Bretagne que par la redynamisation du modèle économique.

British retailer GAME sold to private investors, remaining 333 shops will stay open | The Verge.

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The Economist dresse un bien sombre bilan – France’s future: A country in denial

30 mar

The Economist dresse un bien sombre bilan :

Public debt stands at 90% of GDP and rising. Public spending, at 56% of GDP, gobbles up a bigger chunk of output than in any other euro-zone country—more even than in Sweden. The banks are undercapitalised. Unemployment is higher than at any time since the late 1990s and has not fallen below 7% in nearly 30 years, creating chronic joblessness in the crime-ridden banlieues that ring France’s big cities. Exports are stagnating while they roar ahead in Germany. France now has the euro zone’s largest current-account deficit in nominal terms. Perhaps France could live on credit before the financial crisis, when borrowing was easy. Not any more. Indeed, a sluggish and unreformed France might even find itself at the centre of the next euro crisis.

via France’s future: A country in denial

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Enseigner le numérique à l’école et au-delà…

29 mar

Alors parlez-vous python ? Si le Latin n’est plus en odeur de sainteté – ah ah, quid de Rails, de Javascript, de PHP ou de HTML. Des langues considérés par certains comme aussi importantes que l’allemand ou l’espagnol.

Alors si le sujet m’intéresse c’est d’abord parce que les initiatives en ce sens se multiplient, et pour lever une incompréhension : il ne s’agit pas de savoir programmer, ni de faire des maths, ni même d’avoir de meilleures notes, mais juste d’être dans l’air du temps, dans l’esprit de l’époque.

Alors que voit-on apparaître ? Des sites webs, des cours de nuit, des cours de jour aussi, des apps pour smartphones, des programmes dans l’enseignement primaire, secondraire, tertiaire, et même au-delà pour les séniors.

Certains de ces gens espèrent bien sur devenir le prochain Marc Zuckerberg mais ils sont une minorité. Si la majorité des gens s’intéressent au numérique c’est parce que le numérique c’est d’abord de l’informatique, c’est-à-dire l’automatisation de nos processus cognitifs, une façon de mettre en usine nos petits cerveaux productifs.

Mais dans le passage de l’informatique au numérique, celui-ci est sorti de son ghetto où il était réservé aux informaticiens. Même dans ses pratiques amateurs, difficile aujourd’hui de customiser le design de son blog sans faire au moins un peu de copier / coller dans du code.

Comme les cours d’anglais se sont multipliés il y a quelques années, les initiatives fleurissent donc comme au printemps (ca tombe bien) : codedejo, codecademy, Girls Develop it, Code Racers, Rails for Zombies…

A mon sens, le meilleur d’entre eux serait CodeCademy, une startup créée à New York par d’anciens étudiants de Columbia qui s’ennuyaient pendant leurs cours. Lancé l’été dernier, le site a déjà attiré près de 1 millions de personnes… jusqu’à convaincre le Maire Michael Bloomberg qui a affirmé en janvier qu’il utiliserait le site pour apprendre à coder.

Incroyablement ergonomique, le site est également gratuit. Ses concepteurs ont levé 3 millions d’euros pour améliorer leur outil et espèrent gagner peut-être un jour de l’argent en connectant les jeunes développeurs et ceux qui ont besoin de les employer.Mais ce n’est là qu’un prétexte, une simulation de modèle économique destinée à rassurer les esprits traditionnels et les journalistes.

Zach Sims, l’un de ses fondateurs, ne déclarait-il pas récemment au New York Times : « en fait les gens n’ont pas vraiment envie d’apprendre à développer, ils veulent surtout comprendre comment fonctionne vraiment internet. »

Et il est vrai que connaître Word ou Excel – ou savoir se servir d’Open Office – n’est qu’une façon de réaliser les tâches qu’on vous confie, mais ca n’aide aucunement à comprendre comment le numérique peut vous aider à résoudre des problèmes plus larges et plus complexes. Ce n’est pas ce qui vous donne le sentiment de participer à une grande aventure collective.

Entendre parler des hackers de Lulzecs, c’est une chose. Comprendre ce qu’ils ont fait en est une autre. Lire dans les journaux que certains patrons d’entreprise demandent leur mot de passe facebook aux candidats pour un emploi, c’est une chose. Comprendre comment on a pu en arriver là en est une autre.

Certes, très peu de gens finiront in fine par savoir programmer réellement. La plupart se contenteront bien sur de faire quelques exercices, de bafouiller quelques lignes et peut être de modifier vaguement le look de leur blog.

Si je peux prendre une analogie, c’est comme apprendre à jouer au foot quand on est petit, ca ne veut pas pour autant dire qu’on deviendra professionnel.

Il y a bien une option informatique qui doit être lancée en terminale S à la rentrée. Mais l’objectif n’est pas de devenir un professionnel, c’est de participer à une aventure culturelle.

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Et si la TV connectée était enfin considérée comme un grand chantier en France et en Europe ?

5 mar
Henri Verdier a raison, la télévision connectée sera le grand chantier de la politique culturelle des cinq prochaines années… sauf que ce sera aussi un chantier de politique technologique et industrielle.
J’ai déjà eu l’occasion de dire que la part de marché global de la production audiovisuelle dans la consommation tv va se réduire au fur et à mesure que les gens installeront des apps dans leur tv pour jouer à des jeux vidéos, utiliser des réseaux sociaux, etc. 

Et pendant ce temps, les géants du web se rapprochent de plus en plus des producteurs de contenus. Tous deux sont américains, vivent dans des écosystèmes très proche (san francisco / LA pour le cinéma, new york pour la pub et la tv). Comme Apple et Disney, ils ont parfois des actionnaire communs.

Ils recréent une nouvelle verticalité, avec des acteurs dont les rôles et les compétences s’enchaînent les uns dans les autres. Ce qui menace les français, c’est de ne pas être capable de recréer la même verticalité, et donc de se retrouver réduit à n’être qu’un des maillons de la chaîne… on avait su l’éviter avec le cinéma ou la télévision – aujourd’hui on ne se prépare pas à réagir comme il faut.

En terme de marché, il faut sans doute désormais penser en termes européens et non pas nationaux. Depuis quelques années, notre politique culturelle a surtout consisté à défendre nos institutions nationales comme des corporatismes locaux plutôt que d’être le moteur de l’intégration réussie de nos acteurs culturels dans un ensemble européen plus grand et plus fort. 
C’est aussi le signe d’un décalage de la politique européenne de la culture qui s’intéresse surtout à la transformation de la culture en un marché néo-libéral – un objectif compliqué puisqu’il s’agit d’un marché basé sur le droit d’auteur, une activité immatérielle donnant lieu à la création d’une propriété intellectuelle dans les conditions prévues par la loi, c’est-à-dire un marché plus ou moins régulé. Au lieu de pousser les acteurs nationaux à travailler ensemble, l’Europe a passé les dix dernières années à les braquer en voulant faire sauter toutes les institutions sur lesquelles reposent leur activité : gestion collective, fonds de soutien ainsi que tous les petits outils de protection des acteurs locaux comme les quotas basés sur l’exception culturelle. 

Le résultat, c’est que l’Europe est un mastodonte de la production audiovisuelle mondiale – leader dans le sport, les shows télévisés, etc. mais qu’elle est incapable de négocier collectivement face à des grands groupes disposent d’une stratégie cohérente et coordonnée.

Certes il y’a le programme Media, mais il n’est pas suffisant. L’Europe de l’audiovisuel n’existe pas car il n’y a pas de groupes européens. Entre le protectionnisme réglementaire, les problèmes de langues, la territorialité des droits, le chantier paraît énorme.
Sauf si l’on considère le numérique comme un vecteur de décloisonnement. Par exemple en regardant comment Apple a réussi à se déployer de façon “européenne” grâce à son store.

Le scénario est du coup facile à prévoir. Pays par pays, il n’y aura qu’à se baisser pour ramasser les morceaux de choix secteur par secteur, les intégrer dans leur nouvelle chaîne verticale, les en rendre dépendants, et ensuite les gérer comme la grande distribution gère ses producteurs de fruits et légumes… 

Au niveau français, malgré l’arrivée de technophiles comme Bruno Patino et Eric Scherrer à France Télévision, rien de bien exceptionnel n’a pour l’instant été mis en place. Le transmedia lab de Orange tourne tranquillement mais s’oriente plutôt vers la production de contenus numériques que vers la tv connectée proprement dite. Malgré un bon produit, MySkreen ne décolle pas pour l’instant, et ses petites soeurs non plus. 

Quant à l’action de l’Etat, le CSA s’est doté d’une commission, mais il n’est pas certain que son rythme de fonctionnement lui permette de réagir suffisamment vite. L’INA aurait pu être force de proposition mais depuis son changement de président, il semble plutôt se concentrer sur sa fonction d’archivage. Un rapport a été confié à plusieurs personnes dont Marc Teissier, mais ses propositions sont surtout destinées à étudier les modèles économiques et l’évolution du cadre réglementaire. 

La réponse française est pour l’instant sous-équipée : face à l’arrivée prévisible d’acteurs impérialistes, on essaie de monter un standard français qui sera porté par notre industrie nationale et quelques partenaires étrangers. Cela ressemble beaucoup à la stratégie française de la télévision sur le mobile – le DVBH pour ceux qui s’en souviennent avec peu ou prou les mêmes acteurs. Un tel succès que même sans avoir les chiffres, je suis presque certain que la majorité de la vidéo vue sur téléphone mobile aujourd’hui l’est par Youtube ou Dailymotion. 

Depuis que les logiciels libres et les standards ouverts ont débarqué dans le secteur des médias, la dernière fois que cette logique de standard propriétaire a réussi à avoir un (petit) impact, c’était lors du match blue-ray contre hd-dvd – une vraie victoire. 
En fait le grand secret de la tv connectée, c’est qu’il faudrait s’appuyer sur des startups. Sur ce sujet, il y en a des dizaines aux USA, explorant des dizaines de modèles économiques différents : Hulu joue le partenariat avec les géants de l’audiovisuel, Vimeo le crowdsourcing de niche, Facebook les souvenirs de famille, et il y en a tellement de toutes petites qui sont en train de trouver leur place. 

En d’autres termes, si la tv connectée anglo-saxonne est en situation de s’approprier notre marché et notre industrie culturelle, ce n’est pas que parce que deux des grands géants du web décident de s’y attaquer. C’est surtout parce qu’ils disposent d’un écosystème vivace de startups qui commencent peu à peu à trouver leur place dans l’écosystème plus global de l’industrie américaine des médias. 

Il existe pourtant quelques pistes : 
  • Par le levier des acteurs publics (France Télévision, Arte, INA notamment), ne pourrait-on pas impulser la puissance publique pour la TV connectée ?
  • L’Etat en tant que tel peut-il faire quelque chose ? On pense notamment aux institutions culturelles et au Ministère de la culture. Mais pourquoi pas aussi via la commande publique, par exemple à travers l’Education Nationale qui pourrait remettre en actualité la logique des programmes audiovisuels éducatifs par ce biais – ce qui peut se faire en parallèle de la généralisation progressive des manuels numériques.
  • Il existe bien sur des leviers de régulation : quotas pour la diversité, accords avec les constructeurs, mesures législatives et réglementaires, gestion au niveau national ou européen, etc.

Alors certes entre la chronologie des médias, la circulation des droits, etc. les rapports se suivent et rien ne bouge. On promet 400 M€ d’un coté, puis 100 M€ pour la numérisation du fonds cinéma, mais tout cela reste des promesses et les dépenses ne sont pas engagées. 

Les exemples que j’ai mentionnés sont révélateurs de l’inexistence du secteur. Au delà du talent des hommes, il n’existe pas. Pourquoi : la faute à la réglementation, au financement, à l’establishment qui fait que seules les chaines historiques pourront tirer leur épingle du jeu. Qui a réussi à construire un modèle économique autour de la TV Connectée ? Les propositions de Orange, SFR, Free, Bouyguetel, TF1, Canal sont tout sauf innovantes. Quant à Dailymotion, il repose beaucoup sur Orange. Et mySkreen n’a jamais trouvé sa place. 

La TV connectée est sans doute le lieu d’innovations majeures pour notre économie pour les 20 prochaines années. Mais la filière a du mal à s’adapter. La stratégie actuelle aboutit surtout à renforcer les acteurs en place, dans l’espoir de pactiser avec les géants du web qui sont au moins solvables même s’ils sont dominateurs et qu’ils ne respectent pas les règles du jeu sur la TVA, la chronologie, etc. Comme le dit Electron Libre, tout le monde se sert les coudes en attendant la fin de l’orage. 

A l’heure actuelle, difficile d’être optimiste. La place pour de vrais nouveaux entrants est encore limitée, voire inexistante. 

Le résultat, c’est que la tv connectée est même aujourd’hui perçue comme un piège politique car le problème n’est ni de droite ni de gauche. Il est aussi corporatiste. Comme le dit Pascal Lechevallier, c’est “mission impossible”.

D’où quelques pistes supplémentaires plus orientées vers les entreprises : 

  • Malgré tout, les secteurs du web, de la technologie et de l’audiovisuel sont vivaces et riches de gens entreprenants, avec de nombreuses écoles, startups, de petites boites de production, des plus grosses, etc. Peut-être serait-il possible de créer une dynamique de grand projet afin d’orienter leur activité dans cette direction ?  
  • Sur ce point, on parle finalement assez peu de la convergence des “devices” et surtout des nouvelles générations de services qui pourraient alors être créés via les TV connectées (sauf dans le New York Times et sur Proxima Mobile).   
  • Mieux, l’évolution vers la tv connectée – plus que de tenter de donner un solution de” sortie de crise” aux acteurs installés peut aussi être l’occasion de faire naître de nouveaux intervenants qui pourrons valoriser notre créativité et nos technologies. D’où l’importance des rapprochements avec des secteurs comme la santé, la maîtrise énergétique et bien d’autres. 
  • Le secteur étant essentiel pour l’Europe, avec de nombreux écosystèmes très actifs comme à Londres. Là encore pourquoi ne pas impulser un mouvement collectif au niveau européen ?  
Pour finir, en France depuis 5 ans ? Rien sauf Dailymotion qui est une belle entreprise, mais qui reste encore un peu seule ; MySkreen qui n’a pas su devenir le Deezer de la vidéo ; quelques petits acteurs très indépendants. Où sont passés les investissements d’avenir ?

Update : on me signale un certain nombre d’articles de veille intéressants sur le sujet sur le site de Proxima Mobile

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Facebook, Apple et cie : la course à l’échalote de l’emploi indirect.

3 mar

Le concept d’écosystème est porteur d’une forte puissance émotionnelle et opératoire. Inventé par Arthur Tansley au début du XXe siècle, il repose sur une intuition neuro-psychanalytique présentant le cerveau comme la somme d’une activité électrique. 

Initialement limité à la description de la complexité du règne végétal, il a été combiné avec des éléments de la théorie des systèmes par Jay Forrester, Norbert Wiener, Buckminster Fuller et Steward Brand pour décrire des environnements urbains, économiques ou sociaux.

Ayant bien assimilés la force de ce concept, les géants du web s’ingénient aujourd’hui à démontrer qu’ils sont au cœur d’un écosystème générant des emplois et de l’activité – ce qui serait bien sur antinomique avec la complexité et le chaos inhérent à tout véritable écosystème. 

Alors moi qui croyait que toute cette énergie était due à la nature décentralisée de l’Internet, aux open standards comme HTML5, à la logique read/write du world wide web, aux logiciels libres comme Apache… me voilà bien attrapé.

Mais partons des éléments avancés par ces entreprises.

Selon une récente étude, Facebook aurait permis de créer entre 180 et 240 000 emplois indirects aux Etats-Unis grâce au développement d’applications. Selon une étude du cabinet Deloitte - commanditée par Facebook soi-même, leur “écosystème” aurait créé 232 000 en Europe (soit 22 000 emplois en France et 1,9 milliard de chiffres d’affaires). En mars dernier, une fameuse étude de McKinsey utilisée comme backbone pour le eG8 de Nicolas Sarkozy et commanditée par Google suggérait qu’internet aurait créé 25 % d’emplois en France depuis 1995.

Et voilà maintenant que Apple rejoint la danse.

Vertement critiqué pour avoir délocalisé une importante main d’œuvre en Chine, orpheline de son génie fondateur, la pomme désormais insipide ne prétend plus à être la plus importante manufacture de design informationnel de son époque. Elle fait du lobbying tout ce qu’il y a de plus banal en rappelant aux dirigeants de son pays qu’elle est importante parce qu’elle crée beaucoup d’emplois… rien de plus, rien de moins que Ford, WalMart ou McDonalds, avec en plus une page dédiée sur leur site intitulée « créer des emplois par l’innovation ».

Combien d’emplois ? 514 000 aux USA, rien de moins.

Comment ? Pris isolément, Apple emploie  47 000 personnes. Au-delà, les développeurs iOS emploieraient 210 000 personnes. Et il faudrait encore ajouter 257 000 personnes travaillant dans des rôles de support.

Alors que nous expérimentons tous chaque jour l’explosion des startups et la nature incroyablement ouverte de l’Internet, qui peut être dupe d’un discours aussi frustre ?

Personne ne conteste que le numérique soit une transformation générale qui impacte positivement l’ensemble de la société.

Selon les estimations de certaines écoles du numérique, rien qu’en France et sur les seuls postes de développeurs web et chefs de projet (bacs +5), nous aurions besoin de 10 000  postes par an pendant dix ans. Le chômage du secteur se maintient à un niveau bas entre 6% et 7%. Les profils sont constamment captés par les SSII de sorte que les entreprises sont en demande continue.

Mais si le numérique crée des emplois à haute valeur ajoutée, il est impossible d’ignorer le reportage traumatisant du New York Times sur les conditions de travail des ouvriers chinois de Foxconn qui assemblent l’iPad et l’iPhone, et environ 40% des appareils électroniques vendus à l’échelle mondiale. Le Monde a d’ailleurs publié une synthèse sur cette question.  

Cette tendance à calculer des chiffres d’emplois sur un “écosystème” entier relève bien évidemment de l’opération de communication bien plus que de la réalité. Google essaie de répondre aux reproches concernant leurs optimisations fiscales en Europe. Facebook cherche à détourner le débat des problèmes posés par son modèle économique fondé sur l’exploitation de la vie privée des individus. Apple tente maladroitement de faire oublier qu’ils sont « designed in California, assembled in China ».

C’était pourtant Steve Jobs qui avait imposé ce slogan discret présent au dos de chacun de leurs appareils. Quand on participe de façon aussi évidente à une transformation dont chacun peu voir les effets positifs au quotidien, pourquoi s’évertuer à monter une opération de Spin ?

Il ne fait aucun doute que les emplois développeurs existent et sont vivaces, que des startups se créent, que d’autres entreprises se développent dans le numérique, que de nombreux emplois sont créés ou transformés en mieux ; bref, que toute une économie dépend désormais de l’Internet du Mobile.

Mais le risque est réel que cette économie détruise plus d’emplois qu’elle n’en crée. Il a par exemple été dénoncé par Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee dans Race Against the Machine: How the Digital Revolution Is Accelerating Innovation, Driving Productivity, and Irreversibly Transforming Employment and the Economy, mais aussi par Jeremy Rifkin et beaucoup d’autres.  

Visiblement la solution prônée par les géants du web serait de réinventer les grandes entreprises et les politiques de filière en remplaçant General Motors par IBM, Arcelor-Mital par Dassault Systèmes, Renault par Zynga.

C’était déjà ce que prédisait Carmen Hermosillo en 1994 dans son article « Pandora’s Vox : on Community in Cyberspace » où elle expliquait que la révolution numérique ne conduirait pas à une diminution de la hiérarchie sociale, mais au contraire à une uniformisation des individus et à un transfert de pouvoir au bénéfice des grandes entreprises qui seraient les nœuds du réseau.

Mais dans ce cas, que deviendrait la fameuse société créative ? Quid des startups, de Wikipedia, des blogs, du data-journalisme, de l’incroyable liberté d’action offerte par le web. Dans les faits ce serait le triomphe de la génération C pour consommation. Dans les conséquences, ce serait la perte du sens de toute une révolution.

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Pour aller plus loin sur cette question essentielle, je vous conseille les liens suivants : 

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3 mar

Pictures from Chernobyl… Mind-blowing!

(via Gerd Ludwig’s ‘Long Shadow of Chernobyl’ project – The Big Picture – Boston.com)

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