Quelle joie de voir Lawrence Lessig potentiellement candidat à l’investiture démocrate aux USA !

En dehors des entrepreneurs de la Silicon Valley, peu de gens ont eu plus d’impact sur le numérique que Lawrence Lessig qui a été le fondateur de Creative Commons, l’inventeur de la maxime « Code Is Law« , l’un des plus ardents défenseurs d’une réforme du copyright, et un ardent combattant du système électoral américain. Entre autres honneurs plus sérieux, il a notamment eu la chance de se voir consacrer un épisode de The West Wing

Après plusieurs années passées à critiquer le système de l’extérieur, Lessig étudie désormais la possibilité d’être candidat à la primaire démocrate, avec de nombreuses originalités sur le fond et sur la forme.

D’abord, il invente le concept de Président référendaire, c’est-à-dire d’un Président qui ne serait élu que pour faire certaines réformes jugées indispensables face à l’explosion du coût financier de la politique américaine, et l’inévitable corruption qui en résulte.

Pour cela, trois points lui semblent indispensable :

  • restaurer la liberté de voter en corrigeant les procédures compliquées qui font du vote une espèce de QCM électoral aux USA
  • améliorer la représentativité et les règles de fonctionnement des assemblées 
  • limiter les dépenses des campagnes électorales – comme c’est déjà le cas en France, pour éviter de les transformer en campagnes de communication qui coûtent des milliards. 

Au-delà du concept de Présidence Référendaire qui est originale en elle-même, les autres aspects de la campagne de Lessig sont intéressants et pourraient certainement inspirer les politiques ou les citoyens français et européens : la simplicité et la clarté de sa plateforme de campagne, son caractère ouvert, la volonté de faire campagne sur un projet plutôt que sur une personne, la volonté d’associer les autres candidats à sa campagne, etc.

Impossible de savoir à l’avance le succès qu’aura cette campagne, mais je ne peux m’empêcher de faire remarquer que, avant de rentrer en politique, Barack Obama était lui aussi Professeur de droit et activiste militant. Et quoiqu’il en soit, la méthode consistant à surfer sur la campagne pour mettre ses sujets de prédilection en valeur est remarquablement exécutée. Lessig Président ? Mais pourquoi pas aussi vice-président.

Tout cela ne fait que commencer, mais il faut s’y intéresser dès maintenant. Dans un environnement rendu encore plus global par la métamorphose numérique, la bonne ou la mauvaise santé de la démocratie américaine aura un impact sur le reste de la planète, à commencer par les pays de l’Union Européenne en général, et par la France en particulier.

Pour ceux qui souhaiteraient (re)découvrir les idées de Lessig, je ne peux que leur conseiller de se procurer « Le Futur Des Idées« , traduit aux PUL par mes soins il y a quelques années, mais dont le texte est librement disponible en ligne.

Et aussi, pourquoi pas, la traduction crowdsourcée par Framasoft de « Culture Libre« , son livre suivant.

En attendant, allez faire un saut sur son site de campagne pour vous faire une idée : https://lessigforpresident.com/